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petits bâtiments contigus à la brasserie Cousin et entreprirent sur l'ensemble de ce terrain d'encoignure la construction de deux hôtels, dont l'un avait sa porte sur la rue du Cherche-Midi et l'autre sur la rue du Regard.

Ce dernier fut loué, le 31 août 1741, pour six ans, à Thomas de Dreux, marquis de Brézé, alors lieutenant-général, nommé en 1744 Grand-Maître des Cérémonies de France. Après lui, son fils aîné Michel, puis son second fils Joachim, tous deux marquis de Dreux-Brézé et se succédant comme Grands-Maîtres des Cérémonies, continuèrent d'habiter le même hôtel en vertu de baux renouvelés en 1747, 1753, 1762, 1770 et 1780, moyennant des loyers variant de 4.600 à 7.000 livres. La marquise, veuve de Joachim de Dreux-Brézé y fit un dernier bail le 1er octobre 1789 et mourut un mois après (1). Ce fut son fils Henri-Evrard, né en 1766, nommé en 1781, à seize ans, par suite de la mort de son père, Grand-Maître des Cérémonies qui fut chargé, le 20 juin 1789, de signifier à Bailly la fermeture de la salle où s'était réuni le tiers état, et s'attira la célèbre apostrophe de Mirabeau.

Nous n'avons pas à poursuivre davantage l'histoire de cet hôtel qui a cessé de dépendre des propriétés de la rue du Cherche-Midi, et n'a d'accès que sur la rue du Regard.

Au contraire, le dernier immeuble construit par les Carmes en 1741 sur l'emplacement des petits bâtiments, écuries et basse-cour, occupés par la comtesse de Verrue, offre un grand intérêt pour la rue du Cherche-Midi. Il fut édifié ou au moins terminé et aménagé en vue d'une importante location convenue avec un illustre personnage, le maréchal de Brancas, dont les armoiries durent figurer

(1) Arch. nat. S. 3730.

dans le large écusson ménagé au-dessus de la grande porte cochère (1), encadrés d'attributs guerriers qu'on y voyait encore en 1907, jusqu'à ce que le percement du boulevard Raspail en ait entraîné la disparition.

Le 5 mars 1742, un bail de neuf ans moyennant un loyer annuel de 8.000 livres, fut consenti par les Carmes au profit de :

1" Très haut et très puissant seigneur Monseigneur Louis de Brancas des comtes de Forcalquier, marquis de Cereste, baron du Castelet, seigneur de Roubion, Vitrolles et Montjustin, Grand d'Espagne de ire classe, maréchal de France, lieutenant général au Gouverment de Provence, Gouverneur des Ville et château de Nantes :

2° Et très haut et très puissant seigneur Louis Bufile de Brancas, comte de Forcalquier, en survivance à la charge de lieutenant général au Gouvernement de Provence...

pour :

un grand hótel que lesdits R. P. Carmes viennent de faire construire à neuf faisant encoignure des rues du ChercheMidi et du Regard, attenant à un autre hôtel à eux appartenant et loué à M. le comte de Dreux... (2)

L'hôtel ainsi loué était à peine achevé, car il était stipulé au bail que les Carmes, dans un délai de deux mois, feraient poser des glaces sur les cheminées et des trumeaux au-dessus des portes.

Les Brancas dont nous avons déjà eu occasion de parler à propos

de la maison du n° 32, descendaient d'une noble famille napolitaine du nom de Brancaccio, dont un mem

:

(1) Les armoiries des Brancas sont ainsi décrites dans l’Armorial de la Restauration, par M. le vicomte Révérend : D'azur à un pal d'argent, chargé de trois tours crénelées de gueules et accompagné de quatre pattes de lion, affrontées d'or et mouvantes des deux flancs de l'écu.

(2) Arch. nat. S. 3730. Document publié par M. Scheffer.

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