Page images
PDF
EPUB
[ocr errors]

Pendant les douze premières années de la révolution, toutes les sociétés étaient confondues; depuis cing à six ans, on compte à Paris quinze principales classes de sociétés. 1°. Les nouveaux princes et grands digni

taires , qui reçoivent les sénateurs, les conseillers-d'Etat, les présidens des cours de Cassation, de Justice Criminelle et

d'Appel. 2o. Les maréchaux de l'Empire , les géné

officiers supérieurs et autres. 3o. Le président du Corps-Législatif reçoit

et donne à dîner aux membres. 4o. Le président du sénat , idem. 5o. Le président du tribunat, idem. 6o. Le ministre de l'Intérieur reçoit les

savans, les préfets, etc. 70. Le ministre des Relations-Extérieures,

les diplomates. 89. Le ministre de la Justice , toute la

partie judiciaire.

raux ,

[ocr errors]
[ocr errors]

9o. Le ministre de la Police générale reçoit

indistinctement tous les fonctionnaires. 10°. Le ministre des Finances, tous les

financiers , et ceux qui enfantent de

grands projets de finances. 11°. Le ministre des Cultes, les cardinaux,

les évêques, les archevêques, les curés, les chanoines de Notre-Dame et de

Ste.-Geneviève ou Panthéon. 128. Le ministre de la Marine, les amiraux,

vices-amiraux, tous les officiers de ma

rine. 13o. Le gouverneur de Paris, tous les pre

miers fonctionnaires de la capitale. 14°. Le grand chancelier de la Légion

d'honneur, les grands officiers, les commandans, les officiers et les membres

de la Légion. 15°. Les banquiers reçoivent les entrepreneurs, les colonels , les commis

, saires des guerres, les agens-de-change

, et les agioteurs de tous les genres.

[ocr errors]

Les membres qui composent les cours de Cassation, d'Appel et de Justice Crimis nelle ne sont pas assez

riches
pour

avoir table ouverte ;

ils donnent plus souvent des thés

que

des dîners. Le Clergé de Paris est encore trop pauvre pour recevoir ; les ecclésiastiques acceptent des dîners chez tous ceux qui les invitent.

Les curés des paroisses ont la précaution de faire nommer pour marguilliers des personnes en état de donner de bons diners.

Les hommes de lettres dînent par-tout, sous la condition de ne jamais rendre.

Il y a encore des distinctions dans la bureaucratie. Le chef de division se considère bien au-dessus du chef de bureau : c'est une faveur lorsqu'il le reçoit chez lui. Le commis subalterne est aussi timide dea vant le chef de division , à qui il ne parle que le chepeau à la main, qu'un caporal devant un maréchal de l'Empire.

De tous les tems la fortune ou la différence des places et des appointemens a établi l'échelle de considération.

L'indépendance ne se trouve que chez l'artiste; celui qui est célèbre voit à sa porte l'homme puissant, et ne fait sa cour à personne.

Le négociant de Paris n'a pas le ton grave des négocians des villes de commerce , par l'habitude qu'il a de faire antichambre chez les grands fonctionnaires et chez les nouveaux riches.

Le fabricant qui se distingue dans sa partie est moins souple ; il a la fierté des négocians des grandes villes de comnierce.

a

SOCIÉTÉS DE FRANCS - MAÇONS.

-1

- nom

On compte à Paris plus de soixante loges ; quelques - unes sont très breuses ; plusieurs pe sont composées que de quinze à vingt membres.

Les Francs-Maçons tiennent loge aussi souvent qu'ils le veulent. Ils n'occupent mullement le gouvernement : on n'y parle jamais de religion, ni d'affaires d'Etat.

Les Francs-Maçons lisent des vers et de la prose, font de la musique, tiennent

, un ou deux banquets par mois : on fait une quête dans chaque assemblée , et le produit est envoyé au comité de bienfaisance, ou distribué à des familles indigentés.

Les Francs-Maçons des départemens trouvent une grande différence entre les assemblées maçonniques qui se tiennent à Paris et les leurs : ils regardent tous les Francs-Maçons de Paris comme des profanes qui s'occupent de futilités. Cela n'est pas toujours exact.

Il est vrai de dire qu'il est plus facile aux intrigans de s'introduire dans une loge à Paris, où l'on ne peut se connaître parfaitement, que dans une ville moins peuplée.

Que souvent même un homme très

« PreviousContinue »