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église Ste. Geneviève, aujourd'hui le Panthéon.

L'intériear de plusieurs salles de spectacle est encore décoré de colonnes, qui empêchent de découvrir tous les spectateurs; mais c'est peut-être une précaution pour éviter qu'on ne s'aperçoive quil y a peu de monde dans les loges.

CHAPITRE XII I.

Origine des barrières devant les hôlels ;

rues étroites , et hauteur des maisons ; paratonnères ; cheminées; quartiers populeux; allées étroites ; pendules sur les cheminées, changement de meubles; orthographe publique ; noms des rues.

| ORIGINE DES BARRIÈRES DEVANT LES

HÔTELS.

Las

Is princes du sang avaient anciennement une entière juridiction sur leurs domestiques; les grands officiers de la couronne l'avaient de même sur tous ceux qui étaient, par leurs charges, emplois ou métiers, dans leur dépendance. S'il у avait quelque plainte subite à porter, on s'assem

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blait devant la maison, ou du

gouverneur, ou du grand-aumônier, ou du connétable , ou du grand chainbellan; ou du grand écuyer, ou chancelier, ou d'un prince du sang, enfin devant la maison de celui qui avait droit de juger et de punir les persondes dont on avait à se plaindre.

Ce prince ou ce grand officier descendait à sa porte , où il avait une barrière pour n'être

pas
assailli

par le peuple, et sur laquelle il s'appuyait pour entendre les griefs.

On voyait encore, à l'époque de la rélution, des barrières devant différens hotels : le gouverneur de Paris, le doyen des maréchaux de France avaient ce droit, ainsi que

les ambassadeurs.

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RUES ÉTROITES, HAUTEUR DÈ $

MAISONS.

Il est des rues à Paris où le soleil ne pénètre jamais, à cause de la hauteur des maisons. Si une ordonnance de police n'a

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RUES ÉTROITES. vait pas limité l'élévation des maisons, il

, y en aurait peut-être de douze étages. Beaucoup de maisons dans les quartiers populeux renferment jusqu'à o ménages. Ceux qui habitent le cinquième ou le sixième étage jouissent de deux heures de jour de plus que ceux qui logent au premier et au second. On respire, en montant dans ces maisons, une odeur infecte qui vient de la malpropreté et plus souvent des latrines.

Presque tous les marchands de la rue Saint-Honoré, qui habitent des maisons anciennement construites , sont obligés d'avoir de la lumière à inidi sur les derrières de leur maison.

On remarque dans cette rue des allées tellement étroites, qu'une personne puissante ne peut y entrer de front.

On a vu long-tems, rue du Roule, une femme galante à la croisée d'un premier étage , dont l'allée de la maison est trèsétroite. Cette femme devint si puissante

qu'elle ne put sortir de sa maison pendant les six dernières années de sa vie.

Cette courtisanne monstrueuse avait pour adorateurs presque tous les syndics de communautés et les marguilliers des paroisses de ce quartier.

Les allées étroites nous rappellent une plaisanterie faite à Désessart , acteur du théâtre français. Il était extrêmement puissant; ses camarades lui proposèrent une partie moyennant 241. chacun, qu'on lui fit donner d'avance. Ils lui assurèrent que tous les plaisirs seraient réunis dans ce séjour. Ils avaient choisi une maison dans le faubourg St.-Marceau, dont l'allée étart si étroite, que Désessart ne put y entrer ni de face, ni sur le côté. On proposa de le faire monter par la croisée du premier étage : tous les convives étaient déjà à table. Désessart, furieux, accusa son camarade Dugason d'être l'auteur de la plaisanterie, et déclara , en s'en allant, qu'il s'en vengerait. (Voy. Duels.)

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