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TABLE DES MATIÈRES.

MÉLANGES DE LITTÉRATURE.

Sur Milton et le Paradis perdu.
Précis de la vie de Milton.

Observations sur les causes qui s'opposèrent au
succès des ouvrages de Milton à l'époque de
leur publication.

1

Opéra ou Mascarade de Comus.
NOUVELLE LITTÉRAIRE. Complot d'Arnold et
de sir Henri Clinton contre les États-Unis d'A-
mérique et contre le général Washington, par
M. Barbé-Marbois, pair de France.
Souvenirs de l'ancien régime.
Tableau historique de l'état et des progrès de la
littérature française depuis 1789, par Ché-

nier.

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autels de la gloire. Il serait impossible de les
surpasser, peut-être même de les égaler. Au
lieu de se consumer en efforts honorables,
mais pénibles, n'est-il pas plus simple et plus
facile de dédaigner la perfection, de construí-
re un édifice obscur et gothique, inaccessi–
ble à la lumière de la raison, que l'imagina-
tion, abandonnée à elle-même, peuplera d'ê-
tres fantastiques, et sur le frontispice duquel
on écrira fièrement : Temple de la renommée.
Là s'élèveront les bustes grossièrement scul-
ptés des classiques ténébreux devant lesquels
fumera sans cesse un encens plus grossieren-
core;
là certain grand-prêtre, tenant en main
la baguette de Prospéro et revêtu de la ga-
bardine de Caliban (1), chantera sans fin des
hymnes à la nuit, et l'éternel Hosanna de la
barbarie.

La poésie est née dans le temple des dieux;

(1) Voyez la Tempête, tragi-comédie de Shak

spear.

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elle servit d'instrument à la civilisation et s'est élevée avec elle. On dit que la raison n'est pas poétique; mais la raison n'exclut ni les douces émotions, ni les sentiments passionnés, ni les diverses inspirations produites par les grandes scènes de la nature, ni les beautés d'aucun genre. La raison ne repousse que l'exagération et l'extravagance; la poésie n'est pas faite pour habiter Charenton.

Peu d'écrivains ont développé ces principes avec plus de chaleur et d'éloquence que Chénier. Ils servaient de règle à ses jugements, et lui-même en a fait dans ses ouvrages une heureuse application.

Je l'ai déjà dit, il n'hésitait point à reconnaître le mérite des poètes qui se présentaient dans la carrière qu'il avait choisie et parcourue avec succès: aussi personne n'a mieux apprécié qu'il ne l'a fait les belles productions de Ducis et de La Harpe, de MM. Raynouard, Lemercier et Legouvé. Ses remarques sur les tragédies de l'auteur de Marius à Minturnes sont dictées par la justice, et terminées par

des réflexions qui s'adressent à une certaine classe de censeurs, lesquels abusent trop souvent des avantages d'une incurable stérilité.

<< En général, dit-il, M. Arnault cherche toujours et trouve souvent des idées nouvelles; ses compositions lui appartiennent; son style est nourri de pensées; il est dans la force de l'âge, et ce qu'il a fait garantit ce qu'il peut faire encore. Il convient peut-être à des censeurs bassement jaloux de vouloir obscurcir tout succès auquel ils ne sauraient prétendre; mais il est de l'honneur des gens de lettres, il est même de l'intérêt du public de prêter aux vrais talents un appui nécessaire à leur dignité comme à leurs progrès. >>

Chénier, qui lançait avec tant de fermeté le trait satirique, savait donner à la louange des formes variées, souvent originales, toujours pleines d'agrément. Voici un éloge qui paraîtra heureusement inspiré, et pour l'exécution et pour l'écrivain qui en est l'objet : « Chez les Grecs, Thalie était à la fois

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